Historique

Le Château de La Batisse s'élève au creux de la vallée de l'Auzon, sise au pied du plateau de Gergovie où Vercingétorix fit entrer l'Auvergne dans l'Histoire. L'orientation des bâtiments est parfaite et l'ensemble dégage un charme méridional unique en Basse-Auvergne qui séduit tous ses visiteurs.

Le fief de La Batisse appartient au passé de l'antique bourgade de CHANONAT qui fût aussi un gîte étape pour les pèlerins se rendant à St Jacques de Compostelle.

HISTOIRE

Cité dans les actes depuis 1308, La Batisse appartenait au 14ème siècle, à Gérard d'AULTIER, seigneur du lieu, écuyer. Par suite d'absence de descendance mâle, le domaine passa par les femmes entre les mains des La VOLPILLIÈRE, qui le conservèrent jusqu'en 1569. Après le suicide du dernier de la famille, de nombreux procès laissèrent le château sans entretien pendant 60 années. La seigneurie fut acquise en 1622 par Claude ROUSSEL, puis vendue à nouveau en 1693 à Jean GIRARD, Secrétaire du Roy en Sa Chancellerie, près de la Cour des Aides de Clermont, qui prit le nom de GIRARD DE CHASTEAUNEUF. Désormais, la vie de La Batisse va se confondre avec celle de cette prestigieuse famille, alliée aux propriétaires actuels, les ARNOUX de MAISON ROUGE, vieille famille de robe, connue à Riom depuis le XVIIème siècle.

Aultier

La Volpillière

Roussel

Girard de Chasteauneuf

Arnoux de Maison Rouge

 

ARCHITECTURE

De château de défense, La Batisse devint château de plaisance, entouré d’un harmonieux parc en terrasses.

Le château ne fût à son origine, qu'une simple tour de défense, construite au XIIIème siècle et qui, avec celle du Crest, de la Roche Blanche et la forteresse d'Opme, constituait la ceinture de défense au sud de Clermont-Ferrand.

Au XIVème siècle, trois autres tours furent adjointes à la première puis réunies par des corps de bâtiment, constituant un véritable château-fort, avec sa cour d'honneur et son bayle. En raison de sa situation au cœur de la vallée, les défenses de cette maison forte pouvaient tout au plus prévenir des attaques éventuelles mais sûrement pas tenir un siège face à un ennemi organisé, rôle dévolu aux forteresses de hauteur, de fondations féodales, comme l'étaient les puissants châteaux voisins du Crest et d'Opme, hissés au-dessus de la Limagne, en sentinelles au débouché de plusieurs vallées.

La vallée de l'Auzon, à l'origine, était couverte d'arbres et servait de chemin protégé, camouflé, remarquable pour l'ennemi. Il était donc nécessaire de tenir les hauts : c'est le cas du château du Crest ; mais il fallait aussi tenir en bas et c'est ce qui explique l'existence de cette tour du guetteur à La Batisse. Le guetteur habitait le village et y arrivait par voie souterraine. Ce passage ouvert au 15ème siècle est maintenant comblé. Le moyen de communication avec le château du Crest était le feu, la fumée.

En 1622, RICHELIEU pacifia l'Auvergne en rasant les grandes places fortes telles que Montpensier, au nord de la province, et Usson au sud, et démantela un certain nombre de petits châteaux. Sur l'ordre du Cardinal, les murs d'enceinte de La Batisse, ainsi qu'une tour furent rasés. Les mâchicoulis et les créneaux des trois tours restantes furent également détruits. A la suite de ces démolitions, vers 1633, le propriétaire ROUSSEL coiffa de calottes à lanternon les tours du château dont il surmonta l'une d'elles d'une girouette portant ses armoiries. Le clocheton du centre est plus récent, la cloche datant d'environ un siècle et demi. Dès l'acquisition du château par les GIRARD DE CHASTEAUNEUF en 1693 le château fut restauré en demeure de plaisance, en véritable manoir à la mode du 18ème, et pourvu d'un jardin à la Française en terrasses.

 

AMéNAGEMENTS INTERIEURS

La Tour de guetteur du 13ème siècle : devenue la cuisine des gardes au 14ème siècle, elle a, par la suite, abrité le four à pain de la demeure. Les fenêtres sont très resserrées de l'intérieur mais ouvertes à l'extérieur pour avoir un champ de vision important. On y trouve une fresque peinte par Jean GIRARD DE CHASTEAUNEUF qui s'était exercé dans l'art guerrier en empruntant des scènes de la tapisserie de Bayeux.

La Salle des gardes : salle d'habitat par excellence où vivaient les gens d'armes ainsi que les écuyers qui faisaient au château leur éducation de chevalier. Elle abrite en particulier une très belle Pieta du 16ème siècle, classée Monument Historique, ainsi que la maquette du château représenté tel qu'il était pendant la guerre de Cent Ans. Les armoiries des différents propriétaires viennent illustrer, dans cette pièce, leur passage à La Batisse.

La Salle du plan : située au premier étage, qui reçoit son nom de l’extraordinaire document unique au moins en Auvergne par son importance : un plan des jardins de 8 mètres de long sur 2 mètres de haut (classé Monument Historique), accompagné de 136 planches annexes qui détaillent parcelle par parcelle les 8 hectares de jardin au 18ème siècle. Il aurait été réalisé par un Chasteauneuf selon l'école de Le Nôtre de Clermont-Ferrand. C'est une aquarelle sur papier toilé.

On ne connaît pas exactement la date d'exécution de ce plan (il semblerait que ce soit aux alentours de 1700-1750). Outre ce plan, cette salle présente un bel ensemble de mobilier Louis XIII, ainsi qu'une tapisserie d'Aubusson, des vitrines de porcelaines et faïences anciennes et une galerie de six portraits en médaillon représentant les GIRARD de CHASTEAUNEUF.

La chambre des Dames renferme un élégant ensemble de mobilier 18ème.

 

L’escalier à vis dit "à la sarrasine" : les marches s'appuient les unes sur les autres à la place de la colonne centrale et pour bien les maintenir elles sont, selon l'expression du maçon, "balancées" dans la muraille. Cette exceptionnelle pièce d'architecture militaire empruntée aux châteaux maures par les croisés, permettait la défense du donjon à l'épée, de haut en bas, grâce à l'absence de pilier central.

L’atelier du peintre Jean de Chasteuneuf : dernier descendant de la famille et oncle des propriétaires, qui faisait partie de l'Ecole de Murols. Par école de Murols on désigne une cinquantaine de peintres qui, dans la 1ère partie du XXe siècle, se sont côtoyés ou succédé dans ce bourg du Massif des Dores (Murol est à coté du Mont Dore). Ceux-ci s'inscrivent dans un courant post-impressionniste. Certains tableaux par l'utilisation de couleurs vives et d'aplats de peinture, peuvent également être assimilés au fauvisme. Jean de Chasteauneuf  s’inscrit particulièrement dans ces deux tendances. Très bon portraitiste, il traite volontiers de la vie rurale, mais surtout se consacre au paysage qu’il a sous les yeux : le village de Chanonat ou le parc du Château de La Batisse.

L'ancienne cuisine: située dans l'ancien donjon carré du château du 15ème siècle. Quand la partie défense a été détruite et qu'on a construit un château de plaisance, toute la partie restaurée l'a été dans le goût de l'époque avec des boiseries, salle à manger, salon... et cette pièce qui était la partie haute du donjon est devenue la cuisine.